Dreamachine

Artistes : Alli Melanson & Jackson Slattery
Dates :
Du 13 novembre au 20 décembre, 2025
Vernissage : le jeudi 13 novembre, de 17h à 19h
Lieu : Pangée, 1305 ave des Pins O., Montréal

  • Je dois lire celui qui est ici ? Le texte ? Il commence par deux ou plusieurs oscillateurs.

     C'est parti. Trois, deux, un. Deux ou plusieurs oscillateurs autonomes indépendants ayant des rythmes ou des fréquences différents lorsqu'ils sont situés à proximité les uns des autres, où ils peuvent interagir...

    Pardon, peux-tu recommencer à partir de « situés » ? Oui. Situés à proximité les uns des autres, où ils peuvent interagir suffisamment longtemps, s'influencer mutuellement.

    Nouvelle phrase. Ils s'ajustent jusqu'à ce qu'ils oscillent tous deux à la même fréquence. Christiaan Huygens a découvert ce phénomène en 1655 lors d'une expérience avec des horloges à pendule : il les a mises en mouvement et a constaté, lorsqu'il est revenu le lendemain, que le balancement de leurs pendules s'était synchronisé. D'autres exemples incluent la synchronisation cyclique de deux sécheuses électriques placées à proximité l'une de l'autre et la mise en phase biologique évidente dans l'illumination synchronisée des lucioles.

    Une seconde. Peux-tu reprendre à partir de « mise en phase biologique », cette partie-là? Je pense que les derniers mots étaient « l’une et l’autre ».

    Et la mise en phase biologique évidente dans l'illumination synchronisée des lucioles.

    Les lucioles synchronisées. Ok. Nouveau paragraphe.

     Le terme « mise en phase » a été utilisé pour décrire une tendance commune à de nombreux systèmes physiques et biologiques à synchroniser leur périodicité et leur rythme en interagissant.

    Cette tendance est particulièrement pertinente dans l'étude du son et de la musique. L'exemple le plus connu d'une mise en phase neuromotrice à des stimuli acoustiques est observable dans le battement spontané des pieds ou des doigts au rythme d'une chanson.

     C'est la fin du paragraphe. Il en reste donc encore trois.

     La mise en phase des ondes cérébrales est un terme utilisé pour désigner la manière dont la fréquence globale des oscillations produites par l'activité électrique synchrone dans des ensembles de neurones corticaux peut s'ajuster pour se synchroniser avec la vibration périodique de stimuli externes tels qu'un motif régulier de sons intermittents perçus comme un rythme ou une lumière clignotante. Clignotement lumineux. Un clignotement lumineux entre 8 et 13 clignotements par seconde induit une activité alpha dans le cerveau, un état dans lequel les personnes sont sensibles à la suggestion, mais qui est également associé au rêve.

    Nouveau paragraphe. Des expériences avec des lumières clignotantes ont été menées dans les années 1940 par William Grey Walter, qui a utilisé des stroboscopes puissants et des techniques de rétroaction déclenchées par des flashs synchronisés avec les rythmes cérébraux afin de temporairement, et je cite, transformer un cerveau en un autre type de cerveau. Fin de citation. Walter a découvert que le temps lui-même pouvait être perdu ou perturbé. Il a observé chez un sujet, je cite, le sentiment d'avoir été poussé latéralement dans le temps par le clignotement. Point final. Hier n'était plus derrière et demain n'était plus devant.

    Bon, nouveau paragraphe. En 1959, Brion Gysin et Ian Somerville ont inventé la machine à rêves, un dispositif stroboscopique à lumière clignotante qui produit des stimuli visuels.

    Attends une seconde. Peux-tu reprendre à partir de « Dispositif stroboscopique » ? Oui. Dispositif d’art stroboscopique clignotant qui produit des stimuli visuels décrit comme, je cite, le premier objet d'art à être vu les yeux fermés, fin de citation, et destiné à affecter l'activité des ondes alpha du cerveau du spectateur. Les utilisateurs rapportent souvent voir des formes et des couleurs. Certains ont des hallucinations complètes, d'autres des expériences mystiques. Cet effet peut parfois être assez intense, mais pour y échapper, il suffit d'ouvrir les yeux.

    Dernier paragraphe. Le truc de « machine mentale » est super intéressant en relation avec les débuts de la culture techno/rave. Il ne s'agit pas seulement de la capacité à synchroniser deux tracks sur des systèmes analogiques, comme mentionné dans le cadre de la synchronisation cérébrale.

    Attends, la culture techno/rave. Synchroniser deux tracks sur des systèmes analogiques... Il ne s'agit pas seulement de la capacité à synchroniser deux morceaux sur des systèmes analogiques, comme mentionné dans le cadre de la synchronisation cérébrale, mais aussi dans le cadre de l'effet stroboscopique. Les lumières stroboscopiques étaient, à mon avis, le support visuel le plus important/efficace pour la musique électronique et l'ecstasy, un trio parfait.

    Attends, attends, attends, les lumières stroboscopiques étaient, à mon avis, les plus importantes/efficaces ? Ouais, un support visuel définitivement important et efficace pour la musique électronique. La musique électronique. Et l'ecstasy, un trio parfait.

    Même cette expression « états modifiés de conscience » et ses variantes étaient très répandues dans la culture rave des débuts, qu'elle soit écrite sur des pamphlets ou littéralement répétée à travers divers morceaux, etc. La première track, le premier morceau, le tout premier morceau de techno que j'ai remarqué était Higher State of Consciousness de Josh Wink en 1995. 

    Texte par Alli Melanson & Jackson Slattery

Photos par Atlas documentation