Les stigmates d’épines et la branche fanée de la couronne
Artiste: Christopher Gambino, Marie Ségolène C. Brault & Dr. Aneta Stojnić
Dates : Du 9 juillet au 22 août, 2026
Vernissage : le jeudi 9 juillet, de 17h à 19h
Lieu : Pangée, 1305 ave des Pins O., Montréal
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Les stigmates d’épines et la branche fanée de la couronne présente les nouvelles œuvres de Christopher Gambino (New York) et de Marie Ségolène C. Brault (Montréal), accompagnées d’un texte commandé à la Dre Aneta Stojnić (New York). Oscillant entre recherche archivistique et expérimentation matérielle, l’exposition propose une réflexion sur le mysticisme, la pratique dévotionnelle, l’autodissolution et la figure de l’âme victime.
Inspirée par des recherches sur la vie de la mystique et stigmatisée franco-américaine Marie Rose Ferron, l’exposition examine comment des objets ordinaires se chargent de sens à travers des actes de dévotion. Les stigmates de Ferron n’ont jamais été officiellement reconnus par l’Église, et sa cause de canonisation a finalement été suspendue. Les photographies et les récits qui subsistent occupent un espace indéfini entre foi, performance, pathologie et éventuelle invention.
Tout au long de l’exposition, la matière devient à la fois le lieu de la rencontre et l’obstacle à celle-ci, investie de sens précisément parce qu’elle ne peut tenir ses promesses. Les objets sollicitent la dévotion tout en restant obstinément insuffisants.
Les sculptures de Christopher Gambino évoquent des quasi-corps et les traces d’expériences intenses, souvent transgressives. Travaillant à partir de meubles et d’objets domestiques trouvés, il choisit des formes qui portent déjà en elles des histoires de contact, de posture et de relation corporelle. En les habillant, en les calant, en les fragmentant et en les démembrant, ces objets commencent à revêtir des personnalités distinctes — tantôt humoristiques, tantôt dérangeantes. Suspendus entre trace et interprète, passivité et action, ils planent dans un état d’animation indécise, où la transformation elle-même commence à ressembler à un rituel.
La pratique de Marie Ségolène C. Brault oscille entre l’écriture, l’installation et les méthodologies curatoriales. À travers des interventions sculpturales, des recherches d’archives et une mise en perspective conceptuelle, elle examine comment les images dévotionnelles et les reliques accumulent une charge symbolique, occupant un espace incertain entre préservation et dissolution, présence et absence. Un texte commandé à la psychanalyste et chercheuse Dr Aneta Stojnić approfondit ces questions, proposant une lecture spéculative des enjeux matériels et conceptuels de l’exposition.
Associant le langage sculptural de Gambino aux recherches archivistiques et matérielles de Brault, l’exposition « The Thorn Stigmata and The Faded Branch of The Crown » aborde l’objet de dévotion comme quelque chose d’à la fois intime et insaisissable. S’inspirant du mysticisme, de la pensée psychanalytique et de la théologie négative, l’exposition explore la manière dont le désir se grave dans la matière, révélant comment les objets continuent de porter le poids de la croyance tout en résistant aux désirs qui leur sont projetés.
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Christopher Gambino (né en 1996 à New York, NY) est un artiste basé à New York. Christopher a obtenu une licence en beaux-arts (BFA) à la School of the Art Institute of Chicago en 2018 et complétera son master en beaux-arts (MFA) à la Yale School of Art en 2028. Parmi ses récentes expositions personnelles et en duo, on peut citer « The Christmas Show » à Below Grand (New York, NY, 2025), « Puqpa » à Weatherproof (Chicago, IL, 2025) et « Who Shot Candy Warhol ? » à Horse Room (Worcester, MA, 2024). Les œuvres de Christopher ont également été exposées à Amity (Los Angeles, CA, 2026), Blue Velvet (Zurich, Suisse, 2026), KMS Enterprises (New York, NY, 2025), Espace Maurice (Montréal, Canada, 2025) et Pop Gun (New York, NY, 2025), entre autres.
Marie Ségolène-Christiane Brault (née en 1988) est une artiste, écrivaine et commissaire d’exposition basée à Montréal. Elle est titulaire d’un master en arts de la scène de la School of the Art Institute of Chicago et de licences en écriture créative et en arts numériques intermédiatiques de l’université Concordia. Alliant performance, installation et texte, la pratique artistique de Brault s’inspire de recherches d’archives, de l’histoire religieuse et de récits personnels. Ses œuvres ont été présentées au Canada, en Europe et aux États-Unis, notamment à Western Front (Vancouver), à la Fonderie Darling (Montréal), chez M. LeBlanc (Chicago),No Gallery (New York), Hauser & Wirth Bookstore (New York) et Pangée (Montréal), entre autres.
Aneta Stojnić, titulaire d’un doctorat et membre de la FIPA, est membre de l’Institute for Psychoanalytic Training and Research (IPTAR) de New York, psychanalyste agréée exerçant en cabinet privé à Manhattan et directrice du programme pour enfants et adolescents de l’IPTAR. Outre la psychanalyse, les domaines de recherche d’Aneta portent sur les pratiques artistiques et théoriques situées aux carrefours de l’art, de la culture et de la politique. Elle a publié trois ouvrages et coédité trois recueils, ainsi que des dizaines d’articles évalués par des pairs. Stojnić est rédactrice en chef adjointe du magazine « ROOM : A Sketchbook for Analytic Action » et coanimatrice du podcast « Voices from Room ». Aneta est à l’origine de nombreux projets artistiques et curatoriaux menés en collaboration avec des institutions et organisations de renom dans toute l’Europe. Elle a enseigné la performance, l’art et la théorie des médias dans des universités et des académies d’art à Vienne, Belgrade et Gand. Elle présente régulièrement ses travaux et ses recherches lors de conférences et de festivals à travers le monde.
Photos par Atlas documentation